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Le président de la SEC, Jay Clayton, a de nouveau mis en garde les investisseurs face aux risques posés par les entreprises des pays émergents et en particulier chinoises. Le PCAOB (Public Company Accounting Oversight Board) n’est, en effet, toujours pas en mesure de contrôler les audits des entreprises chinoises cotées aux Etats-Unis, en vertu de la règlementation imposée par Pékin (ces informations sont assimilées à des secrets d’Etat).  Cette problématique empoisonne les relations sino-américaines depuis une dizaine d’années.      
156 entreprises chinoises sont cotées aux Etats-Unis pour une capitalisation supérieure à 1 trillion de dollars.
L’alerte émise par Jay Clayton intervient juste après le scandale des manipulations comptables de Luckin Coffee, qui a perdu 80 % de sa valeur boursière. Elle pourrait bénéficier d’un écho particulier auprès des opposants au programme du Thrift Savings Plan, le fonds de pension US qui gère les retraites des salariés du secteur public (civil et militaire).  Ce dernier s’apprête à engager 50 mrds de dollars dans le MSCI all country world index, un indice constitué à 4,88 % d’entreprises chinoises. Outre les incertitudes pesant sur leur santé financière, certaines de ces entreprises sont présentes sur des listes noires américaines pour suspicion d’infraction aux droits de l’homme (Hikvision), pour avoir été sanctionnées par Washington (ZTE) et globalement, pour être considérées comme étant « hostiles à l’Amérique ». D’anciens militaires, parmi lesquels les ex-conseillers à la sécurité nationale des présidents Obama et Reagan, ont rédigé une lettre ouverte à Donald Trump pour qu’il empêche cette opération. En 2019, le sénateur républicain Marco Rubio, bien connu pour ses positions hostiles à la Chine, et la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen, avaient déjà tenté de bloquer ce projet en déposant le TSP Act, resté sans effet à ce jour.        
Reste à observer l’articulation entre la China Initiative, mise en place par le DOJ, et l’intégration de ces groupes chinois au Thrift Savings Plan, qui pourrait donner lieu à d’éventuels conflits d’intérêts. Des poursuites engagées par l’administration américaines risqueraient en effet de faire fluctuer les cours des entités présentes dans cet indice. Cette situation (qui concerne aussi plusieurs groupes français), pourrait-elle constituer un levier pour amoindrir d’éventuelles sanctions ?

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