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Selon les services de renseignement indiens, le réseau ferroviaire du pays aurait été touché par un malware qui aurait pénétré les systèmes, espionné les données – y compris les mouvements des trains – et transféré ces data vers un pays étranger. Le malware APT36 serait lié au Pakistan, un allié de la Chine. Il aurait également tenté d’accéder à des données du secteur de la défense (mouvements de troupes), de la police, de l’éducation et de la santé.

L’information est intervenue après que les autorités indiennes ont annoncé mettre un terme au contrat liant la DDFCL (Dedicated Freight Corridor Corporation Limited) à China Railway Signal & Communication Corporation (CRSC), dans le cadre du projet de liaison entre Kanpur et Deen Dayal Upadhyay. L’entreprise chinoise avait été choisie en 2016 pour procéder aux opérations de signalisation sur cette voie de 417 km. La résiliation du contrat, qui pourrait être perçue comme une mesure de rétorsion après l’affrontement armé entre les deux pays, est en réalité initiée depuis plusieurs mois. Les autorités indiennes déplorent que seuls 20% des travaux ont été réalisés en l’espace de 4 ans. Elles reprochent également à l’entreprise ses atermoiements à fournir les documents techniques concernant les systèmes d’aiguillage, le manque de disponibilité des ingénieurs et des personnes habilitées ainsi que des lacunes lors de la passation de marchés de matériels. CRSC est actif en Europe sur le projet de liaison ferroviaire entre la Serbie et la Hongrie.

Le renseignement indien a également mis en garde contre 53 applications chinoises susceptibles de contenir des spywares et de transférer des données hors des frontières.

Au cours des derniers mois et dans le cadre d’acquisitions opportunistes liées au Covid-19, l’Inde a mis en place de sérieuses restrictions aux investissements chinois sur son territoire. Le pays s’apprête également à mettre à disposition des entreprises indiennes des terrains, d’une surface équivalente à deux fois la superficie du Luxembourg, pour qu’elles relocalisent leur production hors de Chine. Dix secteurs prioritaires ont été retenus : pharmacie, équipements médicaux, transformation agroalimentaire, électronique, secteur électrique, ingénierie lourde, solaire, chimie et textile.

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