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Dans le cadre du National Security and Investment Bill, le Royaume-Uni pourrait procéder à un examen rétroactif des investissements étrangers qui ont été effectués dans des secteurs sensibles. Le projet de loi, dont le texte n’a pas été rendu public, doit être discuté au Parlement dans les prochaines semaines. Dans le cadre des discussions entourant ce texte, le directeur du MI5 a déclaré qu’il comptait affecter des ressources particulières aux activités clandestines menées par la Chine. Ken McCallum plaide également pour la constitution d’un registre d’agents étrangers, à l’image du FARA existant aux Etats-Unis et en Australie. L’initiative fait suite à la promulgation de la loi sur la sécurité nationale imposée par la Chine à Hong Kong. Le climat entre les deux pays s’est considérablement détérioré au cours de ces derniers mois à la suite des mesures prises par Pékin. Les tensions sont exacerbées par la situation au Xinjiang qui a donné lieu à l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire. Celle-ci devra déterminer dans quelle mesure les entreprises britanniques sont impliquées, à travers leurs chaînes d’approvisionnement, au travail forcé des Ouïghours, de manière intentionnelle ou non. Le parlementaire conservateur britannique, Iain Duncan Smith, membre de l’IPAC (Inter-Parliamentary Alliance on China), va encore plus loin puisqu’il plaide pour que les Ouïghours puissent déposer une plainte pour génocide devant la Haute Cour britannique, contournant en cela les instances onusiennes. Cette mesure, si elle était adoptée, risquerait de creuser davantage le fossé entre la Chine et le Royaume-Uni, d’autant qu’un amendement, actuellement à l’étude, pourrait permettre de mettre un terme à tout accord commercial conclu avec un Etat dont la Haute cour juge qu’il s’est rendu coupable de génocide.
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