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Si les ambitions de la Chine en matière de science et de technologies sont de notoriété publique, les mécanismes institutionnels qui lui permettent, grâce à son activisme international, d’enregistrer des progrès dans ce domaine sont beaucoup moins connus. Un nouveau rapport du Center for Security & Emerging Technology (CSET), basé sur l’examen de plus de 600 international cooperation opportunities en présente les principaux ressorts.  

La Chine compte 140 diplomates spécialisés en sciences et technologies répartis à travers le monde, au sein des ambassades et des consulats chinois. Leur rôle consiste à surveiller les avancées scientifiques relevées dans les 52 pays où ils sont présents et à trouver des partenaires aux entreprises chinoises. Ils sont ainsi chargés d’identifier les entreprises, les personnes, les produits et les technologies au sein desquels les entreprises chinoises devraient investir ou qu’elles devraient racheter pour servir les intérêts de Pékin.               
Cette étape est basée sur un examen minutieux des besoins des entreprises chinoises. Les diplomates spécialisés disposent, pour ce faire, d’une base de données établie par le Ministère des sciences, qui répertorie les « lacunes » des entreprises au regard des grands programmes conçus par l’Etat (à l’instar de Made in China 2025). Ces dernières coopèrent en s’acquittant d’un formulaire qui précise quel type de partenaire étranger elles recherchent et de quelle technologie il devra disposer. Ces deux phases constituent le préalable à la mobilisation de la présence chinoise à l’étranger.         
Etudiants et organisations réunies sous l’égide du United Front (lié au PCC) sont également impliqués dans le monitoring des grandes avancées technologiques qui se produisent à travers le monde. Le United Front propose ainsi des programmes incitatifs à ceux qui seraient prêts à partager des informations techniques avec des partenaires chinois. Ces organisations, entièrement dépendantes de Pékin (et financées par le PC même si les fonds transitent souvent par des universités ou d’autres institutions a priori respectables), se présentent comme des ONG, ce qui suscite une moindre méfiance de la part des entreprises ou des organisations étrangères approchées. Ces ONG qui n’en sont pas, parviennent ensuite à entrer en relation avec des institutions professionnelles étrangères avec lesquelles elles organisent des événements de « jumelage ». Les rencontres donnent lieu à des échanges entre investisseurs et entreprises étrangères cherchant à pénétrer le marché chinois et s’avèrent redoutablement efficaces pour les besoins technologiques de la Chine. Sur un échantillon de 30 cibles (entreprises), l’étude réalisée a démontré que les Chinois étaient parvenus à acquérir des technologies dans 14 cas, que ce soit par le biais de licences, de rachats de la cible, d’acquisition de la propriété intellectuelle ou de joint-ventures. L’étude démontre également que près de la moitié des actifs scientifiques signalés par les diplomates étaient basés en Russie.

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